Il apportait un billet très pressé de son maître, et n'ayant pu trouver de voiture, il avait couru, disait-il, tout le long du chemin.
Me Roberjot écrivait à Léon:
«Envoyez votre frère Jean faire un tour en Belgique ou en Angleterre. Qu'il parte aujourd'hui plutôt que demain, ce matin plutôt que ce soir.»
—Jean serait-il donc menacé?... s'écria Raymond effrayé. Il m'a cependant juré qu'il ne s'occupe plus de politique.
Mais Léon hocha la tête.
—Mon frère, dit-il, par suite de sa condamnation à un mois de prison pour société secrète, se trouve sous le coup de la loi de sûreté générale, et de plus...
Il s'arrêta.
Il avait pour Raymond une trop sincère affection pour oser lui dire:—Et de plus M. de Combelaine doit avoir songé à ce moyen de se débarrasser de l'un de nous...»
—Hâtons-nous de prévenir ce pauvre Jean, reprit Raymond. Partons...
Depuis trois ans environ, Jean Cornevin ne demeurait plus avec sa mère rue de la Chaussée-d'Antin.