Déjà il faisait des projets pour les années suivantes lorsque le 28 septembre 1859, parvint à Cayenne le décret d'amnistie qui avait failli faire évanouir Mme Cornevin...
—La France!... Je vais donc revoir la France, s'écriait Jean à demi fou de joie...
Deux mois plus tard, en effet, presque jour pour jour, il arrivait à la Chaussée-d'Antin, et sautait au cou de sa mère...
—Je te revois, tous nos malheurs sont oubliés, murmurait la pauvre femme.
Ce n'est pas, il s'en faut de beaucoup, ce que pensait Jean Cornevin.
Le soir même de son arrivée, ayant pris à part son frère et Raymond...
—O mes amis! leur dit-il, c'est peut-être un grand bonheur que j'aie été envoyé à Cayenne... J'en rapporte la presque certitude que notre père, Laurent Cornevin, n'est pas mort...
IV
Évidemment Jean s'attendait à un cri d'espérance et de joie. Il s'abusait.
C'est d'un air de stupeur profonde que Léon et Raymond Delorge accueillaient son étrange affirmation.