«Je trouvai un homme d'une quarantaine d'années, à physionomie ouverte et intelligente, qui comprit tout d'abord ce que je désirais.
«Lui ayant fait promettre de se mettre immédiatement à la besogne, je lui donnai mon adresse et mon nom pour qu'il m'apportât mon chevalet aussitôt qu'il l'aurait terminé.
«Mais au lieu d'inscrire ces renseignements sur le petit cahier qu'il avait sorti tout exprès d'un tiroir, ce brave monsieur restait planté devant moi, me considérant d'un air d'ébahissement extraordinaire.
«—Ah çà! qu'est-ce qui vous prend? lui demandai-je.
«—Oh! rien, me répondit-il, c'est ce nom de Cornevin qui me rappelle toutes sortes de souvenirs...
«—Avez-vous donc connu quelqu'un s'appelant comme moi?
«—Oui, un pauvre diable, enlevé comme moi en 1851.
«O mes amis, à cette réponse, je sentis tressaillir en moi les plus folles espérances, et d'une voix altérée par l'angoisse:
«—Savez-vous le prénom de cet infortuné? m'écriai-je.
«—Certainement, me répondit Nantel, il s'appelait Laurent.