Mais, pour cela même, il détestait les phrases et l'emphase, fuyait les explications et les effusions.

Voyant donc Raymond sincèrement ému:

—Nous recauserons de tout cela plus tard, reprit-il vivement. L'important, pour l'heure, est de nous remettre à notre besogne, laquelle, il faut bien l'avouer, se complique terriblement. Encore un moyen d'arriver à la vérité qui nous échappe, car il serait insensé d'aller demander communication du permis...

Puis, après quelques minutes de réflexion.

—N'importe, reprit-il, tout espoir n'est pas encore perdu d'avoir le mot de l'énigme. Ah! je ne jette pas ainsi ma langue aux chiens, moi! Marchons, tâchons de retrouver l'endroit où notre guide nous avait conduits.

Le cimetière, à cette heure, n'avait plus rien des mystérieuses terreurs de la nuit. Le mouvement et la vie l'emplissaient. A tout instant des groupes passaient, les bras chargés de fleurs ou de couronnes d'immortelles. Çà et là, dans des massifs, on entendait le chant monotone d'un jardinier ou le grincement de la scie d'un tailleur de pierre.

A la tempête de la nuit, une journée printanière succédait. Une brise molle berçait les arbres gonflés de sève. Et tout le long des allées, aux tièdes rayons du soleil, les premières primevères ouvraient leurs feuilles d'un vert tendre.

Et tandis que les jeunes gens erraient à l'aventure, à travers le labyrinthe des tombes, cherchant leur chemin qu'ils ne reconnaissaient pas:

—Voici, disait le docteur à Raymond, voici l'idée bien simple qui m'est venue. Les deux prénoms gravés sur la pierre: Marie-Sidonie, ne vous rappellent, m'avez-vous dit, personne que vous ayez connu?

—Personne, docteur.