Aussi, les trois jeunes gens convinrent-ils d'attendre de plus amples informations avant de faire part du manuscrit de Nantel à Mme Delorge et à Mme Cornevin.

—Et bien vous avez fait, leur dit Me Roberjot, lorsqu'ils le mirent dans le secret. A quoi bon ouvrir le cœur de ces malheureuses femmes à des espérances qui sans doute ne se réaliseront jamais?...

Car l'avocat, sans cependant se prononcer, partageait la façon de voir de Léon.

Mais s'ensuivait-il qu'on ne dût pas chercher à tirer un parti quelconque de ce supplément d'informations véritablement providentiel?

Non certes! Et ce fut Me Roberjot qui voulut se charger des premières démarches.

Son influence, comme député de l'opposition, avait trop grandi, pour que l'administration osât lui opposer les mêmes fins de non-recevoir qu'autrefois. Et d'ailleurs il avait désormais un point de départ certain.

Ce n'est plus de Laurent Cornevin qu'il demandait des nouvelles, mais bien de Louis Boutin.

Et comme il était aisé de le prévoir, sous ce nom de Boutin qui, malgré ses réclamations, lui avait été imposé pour dépister les recherches, Cornevin avait un dossier.

Moins de huit jours après une demande adressée à la préfecture de police, Me Roberjot recevait la note suivante:

«BOUTIN (LOUIS), trente-quatre ans, homme de peine, né à Paris.