—Je le sais. Aussi, ai-je l'intention de vous demander, à Raymond et à toi, qui êtes plus riches que moi, tout ce dont vous pouvez disposer...
—Et si nous te refusons....
Jean haussa les épaules.
—Alors, répondit-il, j'irai tout simplement lire la relation de Nantel à Mme Delorge et à notre mère... Et soyez tranquilles, quand elles sauront pourquoi je veux partir, je ne manquerai pas d'argent.
C'était si parfaitement exact, et il était si bien d'un caractère à faire ce qu'il disait, que Léon et Raymond se tinrent pour battus.
—C'est bien, dirent-ils à l'obstiné, tu auras ce qu'il faudra.
Et, comme leurs caisses réunies ne faisaient pas la somme nécessaire, ils eurent recours au digne M. Ducoudray, lequel mis dans la confidence s'était écrié:
—Jean a raison et, si je n'étais pas si vieux, je l'accompagnerais!
Restait à obtenir de Mme Cornevin son consentement à un long voyage, sans toutefois lui en révéler le but.
—Je m'en charge, promit Me Roberjot, laissez-moi faire.