Paris, plus que jamais, était la capitale du plaisir, la ville de la joie et des fêtes. L'or affluait. C'était à qui, du haut en bas de l'échelle sociale, ferait les plus folles dépenses. Le luxe était prodigieux.
L'étranger qui, par une belle après-midi du printemps, se faisait conduire au bois de Boulogne, revenait ébloui, et à l'exemple de ce Suédois naïf écrivait sur ses tablettes de voyage:
—Paris, ville de millionnaires. Tous les habitants ont chevaux et voitures.
Pourtant, la guerre du Mexique venait d'être déclarée, et les moins clairvoyants s'étaient dit:
—Ce sera la guerre d'Espagne du second empire.
C'est que personne, à moins d'y être intéressé, ne s'était pris à la glu des phrases pompeuses par lesquelles le gouvernement avait essayé de justifier, d'exalter même cette étrange expédition.
C'est que les débats de la Chambre, quelque sourdine qu'on eût essayé d'y mettre, s'étaient entendus de loin.
C'est que les journaux avaient beaucoup parlé.
Le public savait ou croyait savoir les motifs réels et véritablement incroyables de cette campagne aventureuse.
On parlait de spéculations impudentes et de tripotages honteux.