—Il y avait pourtant là une grande idée, et la plus belle du règne, s'obstinaient à répéter les officieux.

Soit... Seulement, pendant qu'on la mettait à l'exécution, cette belle idée, la Prusse gagnait la bataille de Sadowa et écrasait l'Autriche.

L'empire avait, dit-on, promesse de M. de Bismarck d'une compensation.

«—Cette puissance n'a rien qui doive nous inquiéter, au contraire, s'écriait à la tribune un des orateurs du gouvernement.

«Au contraire... me semble bien trouvé, écrivait Me Roberjot à Raymond Delorge. Mais moi qui ne suis pas si optimiste, je crois pouvoir prédire que voici le commencement de la fin...»

VI

C'est que, peu après le départ de Jean pour Valparaiso, Raymond Delorge et Léon Cornevin avaient été obligés de quitter Paris.

Et Me Roberjot leur avait dit:

—Partez sans inquiétude, je me constitue votre correspondant bénévole et bien informé, et s'il survenait quelque chose qui rendît votre présence nécessaire, je ne ferais qu'un saut jusqu'au télégraphe.

Et il tenait parole, ce qui n'était pas un mince mérite, trouvant toujours, malgré les travaux dont il était accablé, un moment pour griffonner quelques lignes et tenir ses exilés, comme il les appelait, au courant des événements.