C'était le baron de Boursonne, le dernier survivant d'une des plus vieilles et des plus nombreuses familles du Poitou.
Il est vrai que rien ne lui était si désagréable que de s'entendre donner son titre. Le seul énoncé de sa particule lui faisait faire la grimace.
—Je suis le père Boursonne, tout bêtement, disait-il d'un ton qui n'avait rien de paternel.
Ancien élève de l'École polytechnique, M. de Boursonne avait donné jadis à plein collier dans les théories saint-simoniennes et avait même dépensé à les expérimenter une fortune assez ronde.
Mais, tandis que ses anciens frères de Ménilmontant avaient eu l'art, l'un poussant l'autre, d'accaparer les meilleures, les plus honorées et les plus lucratives situations, M. de Boursonne était resté longtemps en arrière, embourbé dans des emplois subalternes fort au-dessous de sa remarquable intelligence.
[Illustration: Il avait été précipité sur le pavé.]
Les qualités de son cœur n'en avaient pas été altérées, il était resté bon jusqu'à la faiblesse.
Seulement, son caractère s'était aigri et était devenu irritable à l'excès.
On disait de lui dans sa circonscription:
—L'inspecteur... Ah! quel brave homme!... Mais quel original!