Ces études, qui se rattachaient à un plan général, devaient prendre beaucoup de temps, plus d'un an peut-être.

Aussi, M. de Boursonne avait-il résolu d'abandonner Tours et de porter son quartier général au centre des opérations.

Le centre indiqué semblait être Saumur.

Et Saumur, avec ses coteaux boisés, son vieux château, ses îles, ses maisons blanches et ses vertes prairies, Saumur le tentait.

Malheureusement, le jour où il se mit en quête d'un logement, tandis qu'il s'en allait le long du quai, le nez en l'air, il faillit être écrasé par un escadron d'élèves de l'école de cavalerie qui rentrait au grand trot de la promenade.

—Il y a trop de soldats pour moi ici, dit-il à Raymond. Cherchons ailleurs...

Après quelques hésitations, c'est aux Rosiers qu'ils s'arrêtèrent.

Non parce que ce village est le plus coquet de tous ceux qui se mirent aux flots bleus de la Loire, non parce que les coteaux de Saint-Mathurin ont des attraits irrésistibles.

Mais parce que l'auberge du Soleil levant est d'une irréprochable propreté, et que maître Béru, l'aubergiste, mettait à la disposition de M. de Boursonne une jolie chambre pour lui, une bonne chambre pour Raymond et une ancienne salle de billard qui semblait faite pour recevoir les bureaux d'un ingénieur...

Mais aussi parce que maître Béru était, sans qu'il y parût, un cuisinier distingué, sans rival pour les matelottes, qu'il arrosait d'un certain vin de Bourgueil capable de faire oublier le bourgogne.