—Excusez-moi, cher monsieur Béru, fit gravement le vieil ingénieur, j'avais cru, en voyant votre joie...

—La duchesse m'importe peu, monsieur, et si je me réjouis, c'est que son séjour dans le pays fait aller le commerce. Par exemple, c'est dans mon établissement que se réunissent le maître d'hôtel, le chef et le sommelier de Mme de Maillefert, et aussi le valet de chambre de M. Philippe...

—C'est bien de l'honneur pour nous, interrompit M. de Boursonne.

Et comme le plaisir qu'il prenait à étudier l'aubergiste du Soleil levant commençait à s'épuiser:

—Mais ne dînons-nous pas ce soir, maître Béru? demanda-t-il. Nous faudra-t-il jeûner pour la plus grande gloire de Mme de Maillefert?

Rappelé brusquement à ses fonctions, l'hôtelier eut comme un regret d'avoir tant bavardé. Et il rentra brusquement dans son auberge, criant:

—Madame Béru!... Le dîner de messieurs les ingénieurs!...

La nuit était venue, lorsque M. de Boursonne et Raymond se mirent à table dans la salle à manger, largement éclairée par deux becs de gaz.

Le vieil ingénieur semblait on ne peut plus satisfait, et tout en savourant un excellent potage:

—Cet imbécile de Béru, disait-il, est positivement un homme précieux... Outre qu'il est un remarquable cuisinier, il me fait l'effet d'être le premier cancanier du pays, de sorte que...