Ce qui frappait Raymond, c'était l'impression à la fois inquiète et timide de sa physionomie, et dans toute sa personne quelque chose de sauvage et d'effarouché...
—Évidemment elle se cache, pensait-il, mais de qui? mais pourquoi?...
La réponse ne se fit pas attendre.
Un bruit de roues lui ayant fait tourner la tête, il aperçut, s'avançant au grand trot de deux magnifiques chevaux, une calèche découverte menée à la daumont.
C'était une des voitures qu'il avait rencontrées la veille se rendant à la gare, il la reconnut très bien.
Dedans étaient nonchalamment étendues deux jeunes femmes assez jolies vêtues de costumes extraordinairement voyants.
Derrière la voiture, un groupe de cavaliers galopait et, au milieu de ce groupe, montant un cheval évidemment difficile, se tenait la duchesse de Maillefert, superbe de hardiesse avec son amazone bleue à boutons ciselés et son chapeau d'homme.
—C'est pourtant vrai qu'on ne lui donnerait pas vingt ans, à cette gaillarde-là, dit une voix railleuse derrière Raymond.
Il se détourna.
C'était M. de Boursonne, qui avait fini, lui aussi, et qui, les mains dans les poches et un sourire goguenard aux lèvres, regardait s'éloigner et se perdre dans la poussière voitures et cavaliers.