Raymond rougissait, en effet, mais c'était de colère:
—En vérité, monsieur, prononça-t-il, c'est me faire payer cher le service que vous m'avez rendu!...
M. de Boursonne n'insista pas. Il était allé aussi loin que possible; il le comprenait, et de toute la journée il ne se permit pas la moindre allusion à Mlle de Maillefert.
Mais le soir, quand ils rentrèrent, après leur travail accoutumé, maître Béru leur remit à chacun une lettre qu'un domestique, en grande livrée, disait-il, avait apportée dans l'après-midi.
M. de Boursonne eut promptement ouvert la sienne, et l'ayant parcourue:
—Cette fois, mon cher Delorge, s'écria-t-il, vous ne direz pas que l'aventure ne marche pas... Lisez votre lettre, qui doit être, sauf le nom, en tout semblable à la mienne. Lisez, je vous prie.
Raymond obéit, et, à demi-voix et d'un air d'ébahissement profond, il lut:
«Madame la duchesse de Maillefert prie M. Raymond Delorge de lui faire l'honneur de passer au château de Maillefert la soirée de samedi prochain, 24 octobre.»
Le vieil ingénieur semblait ne pas se tenir de joie.
—Eh bien! que dites-vous de cela? interrogea-t-il.