Raymond pâlit et ses yeux se voilèrent, mais il ne chancela pas, et si rudement que l'émotion lui serrât la gorge, il eut encore la force de dire:

—Ah!... vous attendez M. de Maumussy et M. de Combelaine!...

Mme de Maillefert se pencha vers la pendule.

—Quelle heure est-il? fit-elle. Huit heures et demie. Dans trois quarts d'heure ils peuvent être ici.

Et immédiatement elle entama le panégyrique du duc de Maumussy, dont elle ne pouvait assez louer, disait-elle, le caractère chevaleresque, l'esprit délicat et fin et le merveilleux sens politique.

Elle n'admirait pas moins M. de Combelaine, ce dévoué serviteur de l'Empire, cet héroïque soldat toujours prêt à verser son sang, dont la fidélité désintéressée lui rappelait, assurait-elle, ces loyaux chevaliers qui, à leur mort, demandaient à être enterrés aux pieds du suzerain qu'ils avaient servi...

Assez maître de soi pour éviter le scandale d'une brusque retraite, Raymond était allé s'asseoir non loin de la causeuse où chaque soir Mlle Simone venait s'établir devant sa petite table à ouvrage.

Et la duchesse de Maillefert poursuivait.

Avec une non moindre chaleur, elle célébrait les mérites de M. Verdale, cet architecte fameux, ce fils de ses œuvres arrivé à force de talent et de travail à une grande situation et à une fortune immense. Et elle se déclarait ravie qu'un homme de ce mérite eût bien voulu accompagner M. de Combelaine, son ami. Justement elle méditait de grandes réparations à Maillefert. M. Verdale lui donnerait des idées.

A ce mot de réparations, Mlle Simone avait redressé la tête si vivement, que sa mère en parut choquée.