L'autre, debout au milieu du salon, et causant avec M. de Boursonne, était l'ancien copain de Me Roberjot, M. Verdale.

Mais ce n'était plus le maigre et famélique architecte incompris, qui traînait jadis, dans Paris, ses bottes éculées et son immense portefeuille tout gonflé de plans dédaignés et d'inutiles devis.

Le succès se devinait à sa face rougeaude et luisante, au mouvement de ses larges épaules et à son geste impérieux.

Il crevait de prospérité, comme un sac d'écus trop plein qui craque aux coutures.

M. de Boursonne l'avait entrepris, et de ce ton tranquillement impertinent dont il écrasait les gens qui lui déplaisaient, il continuait une conversation commencée depuis un moment déjà.

—Je vous connaissais beaucoup de réputation, cher monsieur, lui disait-il, comme tout le monde, d'ailleurs, car votre rôle dans la transformation de Paris a été trop considérable pour que vous ne soyez pas très connu. J'ai de plus souvent entendu parler de vous par d'anciens camarades d'école...

L'embarras de M. Verdale était manifeste. Mais il était non moins évident que la qualité de son interlocuteur lui imposait.

—Vous avez surtout beaucoup démoli, poursuivait le vieil ingénieur...

—Ne le fallait-il pas? répondait M. Verdale. N'était-il pas urgent d'ouvrir de larges issues à l'air et au soleil? N'était-ce pas la santé, la gaîté et la richesse, que nous faisions pénétrer avec des flots de lumière dans le dédale étroit des ruelles humides, sombres et malsaines du vieux Paris?

—Je sais. J'ai lu cela dans des rapports.