«Et il exigeait des valeurs liquides, presque de l'argent comptant.
«—Il faut pour mes projets, me disait-il, que tout ce que je possède puisse tenir dans mon portefeuille et soit toujours et entièrement à ma disposition.
«Dans de telles conditions, il devait s'attendre à des sacrifices importants. Il les fit sans sourciller.
«Il avait sur son «run» environ huit mille bêtes à cornes, lui revenant en moyenne à cinquante francs, c'est-à-dire à quatre cent mille francs.
«Il eût pu, en prenant son temps, s'en défaire aisément à raison de cent soixante-quinze francs l'une, et en obtenant ainsi un million quatre cent mille francs.
«Il les céda en bloc moyennant neuf cent mille francs.
«Ses moutons, qui valaient quinze francs la pièce comme un sou, ne furent vendus que huit francs et ne lui rapportèrent que trois cent cinquante mille francs.
[Illustration: Des groupes d'hommes d'aspect farouche...]
«Enfin, pour ses droits à son «run», pour les bâtiments, les barrières, pour la monture, se composant de mille vaches et de cent chevaux, il ne trouva que cent soixante-quinze mille francs, et encore avec beaucoup de peine.
«Total: quatorze cent vingt-cinq mille francs pour ce qui valait au bas mot deux millions.