Mlle Simone sortait beaucoup, Raymond était toute la journée dehors: dès le lendemain ils se trouvaient en présence, au détour de la route de Gennes, de l'autre côté du pont.
D'un même mouvement ils s'arrêtèrent, interdits, hésitants... Chacun au dedans de soi entendait la voix de la raison lui crier de passer outre.
Mais il est des entraînements trop forts... Ils s'abordèrent en dépit de miss Lydia Dodge, la respectable gouvernante anglaise, et leurs mains frémissantes s'effleurèrent.
Ce jour-là, Raymond sut ce qui, de l'avis de Mlle Simone, avait déterminé le brusque départ de Mme de Maillefert.
Comme elle se présentait chez une dame de la haute noblesse et qui était un peu de ses parentes, cette dame s'était montrée sur le haut de l'escalier et avait crié à ses gens:
—Je n'y suis pas pour la mère de ma pauvre petite Simone.
L'outrage était sanglant, venant d'une femme qui donnait le ton dans le pays.
—Et ce qu'il y a de pis, ajoutait tristement la malheureuse jeune fille, c'est que ma mère s'en prend à vous, monsieur Raymond, à nous, veux-je dire, de ce cruel affront. Jamais elle ne nous le pardonnera.
Mlle Simone n'avait, d'ailleurs, rien surpris qui pût lui donner l'idée même la plus vague de ce qu'allait tenter la duchesse de Maillefert.
Et lorsque Raymond lui parla de l'expédition de M. Verdale et de M. de Combelaine, et des soupçons qu'il en avait conçus: