Tous ces propos, et bien d'autres encore, étaient fidèlement rapportés à Raymond par M. Bizet de Chenehutte, lequel, bon gré mal gré, s'était constitué son agent volontaire et son avocat, et courait le pays pour recueillir les on-dit et former, à ce qu'il prétendait, l'opinion publique.

Mlle de Maillefert et Raymond se souciaient bien de cette opinion, vraiment!...

Étourdis de ce répit soudain que leur accordait la destinée, ils se hâtaient d'en profiter, oubliant, pour se concentrer dans le calme de l'heure présente, les orages du passé et les nuages de l'avenir.

Insensiblement, ils en étaient déjà, au bout d'une semaine, à enfreindre les règles qu'ils s'étaient imposées.

Tout d'abord, ils se lassèrent de se promener sur le grand chemin de Trèves, en butte à l'indiscrète curiosité des passants.

Un jour que Mlle Simone avait à faire une course pressée, Raymond lui avait offert son bras, elle l'avait accepté et ils s'en étaient allés, suivis de miss Lydia, jusqu'à Saint-Maur, tantôt par la traverse qui suit les coteaux, tantôt le long du sentier qui côtoie la Loire...

Mais le lendemain, le temps était devenu si mauvais, que rester dehors n'était pas possible.

Et Raymond eut l'idée d'aller demander un abri aux ruines du vieux manoir de Maillefert.

—Autant vaudrait recevoir M. Delorge au château neuf, objectait miss Lydia.

Mieux eût valu même. Seulement... seulement, ce n'était pas l'avis de Raymond ni de Mlle Simone.