«2º Mon château de Glorière, tel qu'il se poursuit et comporte, avec les quelques arpents qui l'entourent et les collections qu'il renferme.
«Ne me remerciez pas, c'est de ma part un trait de savant égoïsme d'outre-tombe. Je sais que vous ne vous déferez jamais de Glorière. Vous ne sauriez oublier que ses vieux ormes ont ombragé vos premières amours. Ce vous serait un deuil de savoir foulés par des indifférents ces sentiers aimés où vous vous êtes promenés appuyés l'un sur l'autre pour la première fois.
«J'escompte votre sensibilité. Moi aussi je souffrirais de cette idée que Glorière appartiendrait à des étrangers. Si on le mettait en vente, je suis sûr que Pigorin, l'ancien mercier de la rue de l'Hôpital, l'achèterait et s'y installerait. Et les ricanements stupides de ses quatre filles en chasseraient mon ombre.
«Mes collections aussi me sont chères. Elles ont été l'occupation et le charme de ma vie. Cependant je vous ordonne de les vendre.
«Votre existence vagabonde vous interdit de les garder près de vous, et, laissées au château, sous la seule garde de François, elle se détérioreraient.
«Attendez, pourtant!
«J'ai choisi et je désigne par leurs numéros, dans mon testament, une soixantaine de pièces, les plus remarquables parmi mes tableaux et mes bronzes, dont je vous prie de vous charger en souvenir de notre amitié.
«J'ai calculé que le tout tiendra aisément dans une douzaine de grandes caisses que vous mettrez au roulage, quand vous changerez de garnison.
«Ce sera un souci, mais de cette façon vous aurez, en quelque sorte, un intérieur à vous au milieu des meubles banals des appartements que vous êtes forcés d'habiter.
«Quant à ce qui est du reste, vendez-le dans le plus bref délai.