—Et pensez-vous toujours, demanda-t-il, qu'il doit être l'avant-dernier ministère du second Empire!

—Je le pense plus que jamais... s'écria l'avocat.

Et sans soupçonner, certes, quels effroyables malheurs allaient fondre sur la France, en cette sinistre année de 1870:

—Dans un an, ajouta-t-il, à pareil jour, je vous donne rendez-vous. Alors, vous me direz ce que sont devenus tous ceux qui jouissent de leur reste, le comte de Combelaine et le duc de Maumussy, et cette chère princesse d'Eljonsen, et mon excellent ami Verdale!...

Le lendemain, ainsi qu'il l'avait annoncé, le Journal officiel publiait le nom des hommes choisis par Émile Ollivier, et qui allaient constituer avec lui ce ministère fameux qui portera dans l'histoire le nom de ministère du 2 janvier.

[Illustration: Ce cavalier était le comte de Combelaine.]

Et la vérité vraie, incontestable, sinon incontestée, est que la France eut, ce jour-là, comme un éblouissement d'espérance et de liberté.

En lisant le nom des hommes qui allaient prendre la direction des affaires, on crut que la ruine prochaine, dont les symptômes se multipliaient de plus en plus alarmants depuis quelques mois, allait être conjurée.

On crut qu'une transaction pacifique éviterait les horreurs d'une lutte sanglante sur des décombres.

—On va donc respirer! disait-on. La sécurité va donc renaître! Les affaires vont donc reprendre!...