Il se sentait, lui, innocent, rouler au plus profond d’un abîme d’infamie; il se voyait déshonoré, flétri, perdu!
Et, comprenant qu’il fallait un fait à opposer à un fait, il demandait à Dieu, fût-ce au prix de la vie, un secours, une idée, une inspiration, pour démasquer le coupable...
Ce fut un autre qui prit sa défense.
Avec une hardiesse dont on ne l’eût pas soupçonné à le voir, M. de Coralth se plaça devant Pascal, et d’un ton où il y avait encore plus de défi que de douleur:
—C’est une horrible méprise que vous commettez, messieurs, déclara-t-il. Pascal Férailleur est mon ami, et son passé répond du présent. Allez au Palais, informez-vous, et on vous dira si cet honnête homme est coupable de l’ignoble action dont on l’accuse...
Personne ne répondit.
On eût dit que dans l’opinion de chacun, Fernand remplissait simplement un devoir auquel il lui eût été difficile de se soustraire...
Le vieux monsieur dont l’opinion avait décidé la suspension et la reprise de la partie fut l’interprète de l’impression générale.
C’était un gros homme, qui soufflait comme un phoque en parlant, et qu’on appelait le baron.
—C’est très-bien, ce que vous faites là!... dit-il à Fernand; oui, très-bien, parole d’honneur!... Vous voilà hors de cause!... Que diable! il n’est pas d’honnête homme à l’abri de votre mésaventure... Les coquins n’ont pas de signe particulier...