—Mais je m’oublie! s’écria-t-il. J’oublie que cet idiot de Rochecote attend son coup d’épée... Allez dormir, chère dame, et... au revoir.

Elle l’accompagna jusque sur le palier.

—Il est clair, pensait-elle, qu’il va courir chez l’ennemi de M. Férailleur...

Et, appelant son domestique de confiance:

—Vite, Jobin, lui dit-elle, suivez M. de Coralth, je veux savoir où il va... et surtout, prenez garde qu’il ne vous voie....

V

S’il est, à Paris, une rue paisible et silencieuse, asile rare de l’étude et de la méditation, c’est, assurément, cette belle et large rue d’Ulm, qui commence à la place du Panthéon et se termine brusquement à la rue des Feuillantines.

Les magasins y sont peu somptueux et si rares qu’on les compterait.

Il y a un marchand de vin, à gauche, à l’angle de la rue de la Vieille-Estrapade; puis la petite boutique de «La Jeunesse,» puis une blanchisseuse et un relieur. On trouve à droite l’imprimerie du «Bulletin de l’Observatoire,» un marchand de bois nommé Chanson, un serrurier, un fruitier, un boulanger... et c’est quasi tout.

Le reste de la rue est occupé par de vastes établissements à façades austères entourés de jardins. C’est le couvent des «Sœurs de la Croix,» et ensuite la maison des «Dames de l’Adoration réparatrice du Sacré-Cœur.» Plus loin, vers la rue des Feuillantines, on reconnaît l’École Normale, et en face un dépôt de la Compagnie des Omnibus.