—Du reste, un souci nouveau et plus pressant, la menace d’un malheur bien positif, hélas! vint m’arracher à cette perpétuelle préoccupation de ma naissance.

Il y a eu de cela un mois hier; un matin, nous déjeunions, quand le comte m’annonça qu’il attendait pour dîner deux convives.

C’était une telle dérogation à toutes nos habitudes que je restai muette de surprise.

—Positivement, c’est extraordinaire, ajouta gaiement M. de Chalusse, mais c’est ainsi... le loup s’humanise... nous aurons ce soir M. de Fondège et le marquis de Valorsay... Ainsi, chère Marguerite, soyez belle, pour faire honneur à votre vieil ami.

A six heures, ces deux messieurs arrivèrent ensemble.

Je connaissais M. de Fondège, «le général,» comme on l’appelle, le seul ami de M. de Chalusse; il venait nous visiter assez souvent.

Mais je n’avais jamais aperçu le marquis de Valorsay, et même, j’avais entendu prononcer son nom, le matin, pour la première fois.

Je ne le jugeai pas... Il me déplut, dès qu’il parut, jusqu’à l’aversion.

D’abord, il me regarda trop, avec une insistance que ma position fausse rendait pénible, ensuite il se montra trop prévenant.

Pendant le dîner, il parla presque seul et uniquement pour moi, à ce qu’il me parut.