Ce qui la frappa d’abord, c’est qu’à la première page il y avait une vingtaine de lignes encadrées au crayon rouge.
Évidemment on lui envoyait ce journal pour qu’elle lût les passages entourés: elle lut donc:
«Grand émoi et scandale énorme, à l’hôtel de Mme d’A..., une vieille étoile de première grandeur...»
C’était l’épouvantable article qui racontait la scène de jeu où Pascal avait laissé son honneur.
Et pour que Mlle Marguerite n’eût ni doute ni hésitation, le lâche, le misérable qui lui adressait l’article avait eu soin, à côté des initiales, d’ajouter, au crayon, les noms en toutes lettres.
Ainsi, il avait écrit d’Argelès, Pascal Férailleur, Fernand de Coralth, Rochecote.
Et cependant, malgré cette précaution ignoble, la jeune fille ne saisissait, tout d’abord, ni le sens ni la portée de ce récit, et il lui fallut le relire jusqu’à quatre fois... Mais lorsqu’elle comprit enfin, quand l’horrible vérité éclata dans son esprit, le journal lui échappa des mains, elle pâlit comme on ne pâlit que pour mourir, et pantelante, anéantie, assommée, elle s’appuya contre le mur...
Ses traits exprimèrent si bien la plus atroce douleur, que le juge de paix, effrayé, se dressa d’un bond.
—Qu’y a-t-il encore?
Elle essaya de répondre, ne le put, et alors montra du doigt, à terre, le journal en bégayant d’une voix étranglée: