—Tiens!... c’est ma foi vrai!
—Je venais, m’sieu, de la part du patron, vous demander si vous avez enfin obtenu les renseignements que vous espériez; mais, voyant qu’il y a du nouveau chez vous, je n’ai pas osé entrer, j’ai préféré vous guetter...
—Et bien vous avez fait, mon garçon. Des renseignements, je n’en ai pas... Ah! si! Le marquis de Valorsay est resté hier deux heures enfermé avec M. le comte... Mais à quoi bon!... M. le comte a eu un accident et il ne passera pas la nuit.
Victor Chupin eut un terrible soubresaut.
—Pas possible!... s’écria-t-il. C’est donc pour lui qu’on a vidé les paillasses dans la rue?
—C’est pour lui.
—A-t-il de la chance, cet homme-là!... Ce n’est pas pour moi qu’on ferait des frais pareils! C’est égal, j’ai comme une idée que le patron ne va pas casser ses bretelles de rire quand je vais lui dire ça. Enfin, merci tout de même, m’sieu, et au revoir...
Il s’éloignait, une idée soudaine le ramena.
—Excusez, fit-il avec une prestigieuse volubilité, je suis si ahuri que j’oubliais mes affaires... Dites-donc, m’sieu, quand le comte sera mort, c’est vous, n’est-ce pas qui commanderez le service... Eh bien! là, un conseil, n’allez pas aux pompes funèbres, venez chez nous, tenez, voilà l’adresse—il tendait une carte—nous traiterons pour vous avec les pompes, et nous nous chargerons de toutes les démarches. Ce sera plus beau et meilleur marché, par le moyen de certaines combinaisons de tarif... Tout, jusqu’au dernier pompon, est garanti sur facture, on peut vérifier pendant la cérémonie, on ne paye qu’après livraison... Hein! c’est dit.
Mais le valet haussait les épaules.