—Je l’affirmerais presque... Leurs façons n’ont-elles pas été entièrement différentes?
L’un, le marquis, s’est conduit avec le calme et le sang-froid que donnent la réflexion et le calcul... L’autre, au contraire, le général, a agi avec une précipitation qui trahit la détermination soudaine, l’idée aussitôt adoptée que née...
Mlle Marguerite réfléchissait.
—C’est vrai, murmurait-elle, c’est pourtant vrai... Je me rends compte maintenant de la différence.
—Donc, reprit le juge, voici ce que dans mon coin j’imaginais:
Ce marquis de Valorsay, me disais-je, ce comédien qui joue si bien la passion, doit avoir par devers lui les preuves de la naissance de Mlle Marguerite, preuves écrites et concluantes, s’entend.
La recherche de la paternité est interdite, mais une reconnaissance volontaire émanant du père peut l’attester.
Qui nous prouve que M. de Valorsay n’a pas cette reconnaissance?... Il doit l’avoir.
Et alors, apprenant la mort soudaine de M. de Chalusse, il s’est dit: «Si Marguerite était ma femme, si j’arrivais à la faire déclarer fille naturelle du comte, j’hériterais de quelques jolis millions.
Là-dessus, il est allé consulter un homme d’affaires; on lui a répondu que c’était une partie à jouer, et il est venu... Vous l’avez repoussé, mais il reviendra à la charge, tenez-le pour certain. Et quelque jour il vous mettra le marché à la main, et il vous dira, selon votre expression: «Marions-nous ou ne nous marions pas, mais... part à deux.....»