—Ah! voilà!... Le comte de Chalusse a eu un coup de sang ce soir, et à l’heure qu’il est il doit être mort...

Brusquement, tout d’une pièce, M. Fortunat se dressa. Il était devenu livide, ses lèvres tremblaient.

—Un coup de sang, fit-il d’une voix étouffée, je suis volé!...

Et, redoutant la curiosité de Mme Dodelin, il saisit la lampe et se précipita vers son cabinet de travail, en criant à Chupin:

—Suivez-moi!

Chupin suivit sans souffler mot, en garçon intelligent qui sait se monter au niveau des situations les plus graves. On ne le recevait pas habituellement dans ce cabinet de travail, dont un magnifique tapis recouvrait le parquet. Aussi, après avoir soigneusement refermé la porte, resta-t-il debout tout contre, respectueusement, son chapeau à la main.

Mais M. Fortunat ne semblait pas s’apercevoir de sa présence.

Ayant posé la lampe sur la cheminée, il tournait furieusement autour de son cabinet, comme une bête fauve qui, enfermée, cherche une issue pour fuir.

—Si le comte est mort, disait-il, le marquis de Valorsay est perdu!... Adieu les millions!

Le coup était si cruel, si inattendu surtout, qu’il ne pouvait pas, qu’il ne voulait pas en admettre la réalité.