Ce nom de Coralth était de ceux qui se gravent d’eux-mêmes dans la mémoire, et cependant M. Fortunat ne le remarqua pas sur le moment.

Toute son attention était absorbée par ce qu’il venait d’entendre, et il s’efforçait de le rattacher au sujet de ses préoccupations.

Et pour l’arracher à ses conjectures, il ne fallut rien moins que le frôlement d’une robe contre l’huisserie d’une porte.

Mme Lia d’Argelès entrait.

Elle était vêtue d’un très-élégant peignoir de cachemir gris à revers de satin bleu, coiffée avec beaucoup de goût, elle n’avait oublié aucun des artifices ordinaires de sa toilette, et cependant on lui eût donné plus de quarante ans.

Son morne visage offrait l’expression d’une résignation désespérée, et ses yeux rougis, entourés d’un cercle bleuâtre, trahissaient des larmes récentes.

Elle toisa le guetteur d’héritages, et d’un ton bref aussi peu encourageant que possible:

—Vous avez à me parler? interrogea-t-elle.

M. Fortunat s’inclina, presque déconcerté.

Il s’était préparé à rencontrer quelqu’une de ces stupides demoiselles qui promènent au bois leurs cheveux salis d’ocre et empuantis d’ammoniaque, et pas du tout, il se trouvait en présence d’une femme à l’air impérieux qui, déchue, gardait encore la fierté de sa race, et qui lui imposait.