—Alors, allez-y!...
Le dénicheur d’héritiers commença par fermer une porte laissée ouverte à dessein par le domestique, puis revenant tout près de M. Wilkie, et de l’air le plus mystérieux:
—Que donneriez-vous bien, commença-t-il, à l’homme habile qui tout à coup vous mettrait en possession d’une fortune immense, d’un million, de deux millions, peut-être?...
Il avait préparé son effet, il le croyait sûr, il s’attendait à voir M. Wilkie tomber à ses genoux.
Et pas du tout; l’aimable gentleman ne sourcilla pas, et c’est du plus beau calme et la bouche à demi-pleine, qu’il dit:
—Je sais le reste!... Vous venez, n’est-ce pas, cher monsieur, pour me vendre le secret d’une succession vacante en ce moment et qui m’appartient?... Eh bien! vous arrivez mauvais deuxième.
Le plafond s’effondrant sur M. Fortunat, ne l’eût pas mis en si piteux état... Il demeura béant, stupide, écrasé, et ses yeux eurent une telle expression d’ahurissement, que l’autre éclata de rire.
Pourtant il essaya de se débattre, mais en homme qui se noie, qui a bu plus d’une gorgée et qui coule...
—Laissez-moi vous expliquer, balbutia-t-il, permettez-moi...
—Oh!... inutile!... Je sais mes droits. J’ai traité, cher monsieur, ma parole est engagée et demain ou après-demain je signerai mes conventions...