—On a dû vous vendre ce secret très-cher, ajouta-t-elle... Combien devez-vous payer en cas de succès?...

Fort, M. Wilkie se flattait de l’être; diplomate, non, et la preuve c’est qu’il fut tout décontenancé de cette remarque.

Mais il se remit vite....

—Qu’on me l’ait dit pour de l’argent ou pour rien, reprit-il, je sais que vous êtes une demoiselle de Chalusse, que vous êtes la seule héritière du comte et que le comte laisse huit ou dix millions. Nierez-vous cela?

Mme d’Argelès hocha tristement la tête.

—Je ne nie rien, répondit-elle, mais je vais à mon tour vous apprendre une chose qui va renverser tous vos calculs et éteindre votre joie... Je suis résolue, entendez-vous, et ma résolution est irrévocable, à ne jamais faire valoir mes droits... Pour recueillir cette fortune, il me faudrait avouer que Lia d’Argelès est une Chalusse... c’est un aveu que nulle considération ne saurait m’arracher...

Elle pensait que cette déclaration allait étourdir M. Wilkie, l’écraser... Elle se trompait...

Livré à ses seules lumières, il eût été confondu, mais il luttait en ce moment avec les armes qui lui avaient été fournies par M. le vicomte de Coralth.

Il haussa donc les épaules, et du plus beau sang-froid:

—Comme cela, fit-il, nous resterions dans la misère, et l’État s’adjugerait nos millions! Un instant... je suis là!... Que vous renonciez à votre part... bon! quoique ce soit déjà raide... Mais que vous renonciez à la mienne, non... Elle serait trop mauvaise... Je suis votre fils, je réclamerai!