—Ah!... misérable!... criait le brave baron, transporté d’indignation; brigand! Crevé de deux sous!... C’est ainsi que tu traites une malheureuse femme qui s’est immolée pour toi... Ta mère!... Tu voulais battre ta mère, toi qui devrais baiser les traces de ses pas!...
Livide comme si tout son sang se fût tourné en fiel, la lèvre sèche et tremblante, l’œil injecté, M. Wilkie se relevait péniblement, frottant de la main droite son coude gauche, qui, dans sa chute, avait porté contre l’angle d’un meuble.
—Manant! grondait-il d’un ton farouche, brutal!... butor!...
Et se reculant un peu:
—Qui vous a permis d’entrer ici?... ajouta-t-il. Qui êtes-vous?... De quel droit vous mêlez-vous de mes affaires?...
—Du droit qu’a tout honnête homme de châtier un lâche gredin!...
Les poings de M. Wilkie se crispèrent:
—Lâche vous-même, insolent!... riposta-t-il... Faites donc attention à qui vous parlez!... Il faudrait voir à changer un peu vos manières, espèce de vieux...
Le mot qu’il prononça était ignoble et bas, et de ceux qui ne sauraient être une insulte pour un homme de cœur...
N’importe!... le baron en fut cinglé comme de la lanière d’un fouet... Sa large face s’empourpra comme s’il eût été touché par l’apoplexie...