C’était une affaire d’attention et de chiffres...
Ce premier succès devait beaucoup l’encourager et redoubler sa confiance en elle... Mais elle ne s’abusait pas sur sa portée... C’était énorme et ce n’était rien...
Elle sentait bien que tout ne serait pas dit le jour où elle aurait acquis la certitude morale que «le général» avait volé les deux millions qu’on n’avait pas retrouvés dans le secrétaire du comte de Chalusse...
De ce moment, les véritables difficultés commenceraient.
Alors, elle aurait à rechercher par quels moyens M. de Fondège avait réussi à s’emparer de cette fortune... Le découvrirait-elle?... Car il fallait bien le reconnaître, ce détournement—si détournement il y avait eu—tenait du prodige...
Et le mystère qui recouvrait cette affaire écarté, tout serait-il fini? Certes, non.
Il lui resterait à recueillir assez de pièces de conviction pour avoir le droit d’accuser hautement et à la face de tous «le général.»
Il lui faudrait des preuves matérielles et indiscutables, avant de dire:
—Un vol a été commis... on m’accusait, j’étais innocente... Le coupable, le voici!...
Que de chemin avant d’en arriver à ce triomphe!