A cette heure, M. Fortunat devait avoir reçu sa lettre; il l’attendait, sans doute, le mardi, et il ne lui restait plus qu’à imaginer un prétexte pour se procurer deux heures de liberté sans éveiller les soupçons.

Levée de bonne heure, elle achevait sa toilette, quand elle entendit frapper discrètement à celle des portes de la chambre de Mme Léon qui ouvrait sur le corridor.

—Qui est là?... fit la voix de l’honnête gouvernante.

Ce fut la voix impudente de Justine, la femme de chambre de Mme de Fondège qui répondit:

—C’est une lettre, madame, que le concierge vient de monter... elle est adressée à Mme Léon... C’est bien vous, n’est-ce pas?

Mlle Marguerite reçut comme un coup dans le cœur...

—Mon Dieu!... pensa-t-elle, une lettre du marquis de Valorsay!...

Que l’estimable gouvernante connût l’envoi de cette missive et qu’elle l’attendit impatiemment, c’est ce dont ne permirent pas de douter son empressement à sauter à terre, car elle était encore au lit, et sa promptitude à ouvrir sa porte.

Et tout aussitôt, on put l’entendre, à travers la cloison, dire à la femme de chambre de sa voix la plus mielleuse:

—Mille remercîments, mon enfant. Ah! vous me tirez d’une fameuse inquiétude... C’est mon beau-frère qui me donne enfin de ses nouvelles... je reconnais son écriture...