Si elle avait bien vu, si elle ne se trompait pas, Mme Léon avait oublié la clef de la commode dans la poche de la robe qu’elle venait de quitter...
C’est avec un battement de cœur qui allait jusqu’à suspendre sa respiration qu’elle ouvrit la porte de communication et pénétra dans la chambrette de la gouvernante...
D’un pas rapide, elle s’approcha du lit, où était jetée la robe, la prit, et d’une main frémissante palpa la poche...
La destinée se déclarait pour elle!... La clef y était... La lettre était à sa discrétion.
C’était une répugnante action qu’elle allait commettre... Voler une clef, forcer un meuble, violer le secret d’une correspondance... cela révolta si terriblement sa fierté, qu’un moment elle demeura en suspens.
L’instinct de la conservation devait étouffer ses scrupules... N’y allait-il pas de son honneur et de l’honneur de Pascal, et de leur avenir à tous deux, de leur amour et de leur bonheur!...
—Hésiter serait non plus loyauté mais duperie, murmura-t-elle...
Et d’une main hardie, elle engagea la clef dans la serrure...
Non sans quelques difficultés, car il était tout disloqué, le tiroir s’ouvrit...
Et très en vue, sur les nippes que l’estimable gouvernante avait eu le temps de ranger dans la commode, la lettre apparut.