—Pour sûr, ce n’est pas de son travail... Mais, minute, on s’informera... Le temps de rentrer chez moi me changer et me «faire une tête,» et je me mets après lui... Et que je sois pendu si, avant mardi, je ne vous reviens pas avec un rapport complet.
Un sourire satisfait errait sur les lèvres de M. Fortunat.
—Bien, Victor, approuva-t-il, très-bien! Je vois que vous me servirez avec votre zèle et votre intelligence ordinaires... Comptez que vous serez payé comme jamais vous ne l’avez été. Tant que vous vous occuperez de cette affaire, vous aurez dix francs par jour, et je vous réglerai à part votre nourriture, vos voitures et tous vos frais...
La proposition était superbe, et cependant, loin de paraître ravi, Chupin hocha la tête d’un air grave.
—Vous savez si je tiens à la monnaie, m’sieu, commença-t-il...
—Trop, Victor, mon garçon, trop...
—Pardon, c’est que j’ai des charges, m’sieu... Vous connaissez mon intérieur—il disait ce mot superbement—vous avez vu ma bonne femme de mère, tout cela coûte...
—Bref, vous trouvez que je ne vous offre pas assez...
—Au contraire, m’sieu... mais vous ne me laissez pas finir!... J’aime l’argent, n’est-ce pas? Eh bien!... pour cette affaire, je ne veux pas être payé... Je ne veux ni appointements ni frais, ni un centime, ni rien... Je vous servirai, mais pour moi, pour mon plaisir, gratis... «à l’œil.»
M. Fortunat ne put retenir une exclamation de surprise... Littéralement les bras lui tombaient...