Il resta béant, lorsqu’il vit l’immense table de marbre blanc, avec ses trois cuvettes, ses éponges, ses boîtes, ses pots, ses flacons, ses godets de toutes sortes; quand il compta les brosses par douzaines, molles ou dures, pour la tête, la barbe, les mains, pour les frictions et pour oindre de cosmétique la moustache et les sourcils...

Jamais il n’avait vu rassemblés tant d’instruments bizarres, d’argent ou d’acier, pinces, couteaux, canifs, ciseaux, grattoirs, limes, bistouris...

—On se croirait chez un pédicure ou chez un dentiste, dit-il au domestique... Est-ce que votre bourgeois se sert de cela tous les jours?...

—Certainement... et plutôt deux fois qu’une... pour sa toilette.

Chupin ne put dissimuler une grimace, et d’un ton d’ébahissement narquois:

—Eh bien! fit-il, excusez!... il doit avoir la peau propre!

Les autres éclatèrent de rire, et le concierge, après un regard d’intelligence jeté au domestique, dit entre haut et bas:

—Dame! c’est son état à cet homme d’être joli garçon.

Le grand mot était lâché!

Désormais Chupin était sûr de ce que lui avait fait soupçonner ce logis voluptueusement coquet et ouaté de toutes les recherches délicates et exquises comme le sanctuaire d’une idole.