—Mais, c’est entendu, vous l’aiderez, n’est-ce pas?

M. de Valorsay se recueillit quelques secondes, puis s’adressant à M. Wilkie:

—Oui, je consens à vous assister, monsieur, reprit-il... D’abord, parce que votre cause me paraît juste, ensuite parce que vous êtes l’ami de M. de Coralth... Toutefois, je mets à mon assistance une condition: c’est que vous suivrez aveuglément mes avis...

L’intéressant jeune homme étendit la main, et, faisant un effort, réussit à répondre:

—Tout ce que vous voudrez!... parole sacrée!... Voilà comme je suis...

—Vous devez comprendre, poursuivit le marquis, que du moment où je me mêle d’une affaire, il faut qu’elle réussisse... L’opinion a l’œil sur moi et j’ai mon prestige à garder. C’est une grande marque de confiance que je vous donne, monsieur, car, en vous appuyant de mon influence, je deviens en quelque sorte votre parrain... Or, je ne puis accepter la plus grosse part de responsabilité que si j’ai la direction absolue de l’affaire...

—Naturellement...

—Ainsi, j’estime que nous devons ouvrir le feu aujourd’hui même... L’important est de gagner de vitesse votre père, cet homme terrible dont votre mère vous a menacé.

—Ah!... mais oui!...

—Je vais donc m’habiller et me rendre à l’hôtel de Chalusse savoir ce qui s’y est passé... Vous, monsieur, vous allez courir chez Mme d’Argelès, et vous la prierez poliment, mais fermement, de vous fournir les moyens de faire valoir vos droits... Si elle consent, très-bien! Si elle refuse, nous irons demander à un homme de loi la marche à suivre... En tout cas, rendez-vous ici à quatre heures...