Aussitôt, s’avançant vers un groupe de domestiques, en grande conférence sur le perron, de son accent le plus impérieux, il demanda:

—Mme d’Argelès!...

Les gens tout d’abord échangèrent des regards stupéfaits.

Ce visiteur, ils le remettaient parfaitement, ils savaient à cette heure qui il était, et ils ne comprenaient pas qu’après l’odieuse scène de la nuit il eût l’audace, l’impudeur de se présenter...

—Madame est là, lui répondit enfin l’un d’eux, d’un ton moins que poli, et je vais lui demander si elle consent à vous recevoir... Attendez-moi là...

Il s’éloigna, et M. Wilkie demeura au bas du perron, se redressant dans son faux-col, effilant fièrement sa mince moustache... en réalité très-embarrassé de son personnage....

C’est que les domestiques ne se gênaient aucunement pour le toiser, et il lui était impossible de ne pas lire dans leurs yeux toutes sortes de menaces, et le plus parfait mépris... Ils ricanaient très-haut, se le montraient du doigt, et il put recueillir cinq ou six épithètes d’une énergie toute biblique, lesquelles ne pouvaient s’adresser à d’autres qu’à lui...

—Drôles, pensait-il, bouillant de colère, coquins!... Ah! si j’osais!... Ah! s’il n’était pas défendu à un gentleman tel que moi de se commettre avec cette vile canaille... quels coups de canne!...

Le valet qui était allé prévenir Mme d’Argelès reparaissant, mit fin à son supplice...

—Madame veut bien vous recevoir, lui dit grossièrement cet homme... Ah! si j’étais à sa place!... Enfin, arrivez...