Tout autre que l’intéressant jeune homme eût été écrasé du regard que lui jeta sa mère, regard où la plus affreuse souffrance le disputait au plus profond mépris...

—Je pense que vous devenez fou!... prononça-t-elle.

Et comme il se redressait, stupéfait et mécontent qu’on osât douter de la plénitude de son bon sens:

—Terminons!... ajouta-t-elle d’un ton brusque.

Elle passa vivement dans la chambre voisine, et, quand elle reparut l’instant d’après, elle tenait à la main un rouleau de papiers.

—Voici, reprit-elle, mon contrat de mariage, votre extrait de naissance et la copie de ma renonciation,—renonciation parfaitement valable, puisque le tribunal, à défaut de mon mari absent, l’a autorisée...—Toutes ces pièces, je suis prête à vous les remettre, mais à une condition...

Ce seul mot tomba comme une douche d’eau froide sur la joie de M. Wilkie.

—Voyons la condition, demanda-t-il d’un air inquiet.

—C’est que vous me signerez l’acte que voici, préparé par mon notaire, acte par lequel vous vous engagez à me donner deux millions à prendre sur la succession du comte de Chalusse.

Deux millions! L’énormité de la somme consterna M. Wilkie.