Rompu à ce terrible jeu qu’on appelle «la savate,» Chupin, le vieux gamin de Paris se fût défendu avec avantage s’il eut eu du champ.
Mais là, dans cet étroit espace, acculé dans un angle, il se vit perdu.
—Quelle «tripotée!» pensa-t-il tout en évitant avec une prestigieuse agilité le poing de Vantrasson, un poing à assommer un bœuf.
Il eut bien l’idée de crier à l’aide!... Mais l’entendrait-on, viendrait-on? Et si l’on venait, la police, curieuse, ne s’en mêlerait-elle pas? Or, la police s’en mêlant, il y aurait un commencement d’enquête qui dérangerait peut-être les projets de Pascal.
Avec cette appréhension de nuire à ceux qu’il voulait servir, il se fût fait hacher sur place plutôt que de laisser échapper un cri. Résolu à se tirer seul du guêpier, il changea de tactique et, au lieu de parer comme il avait fait jusqu’alors, il ne songea plus qu’à gagner, coûte que coûte, la porte...
Il y arrivait, non sans dommage, lorsqu’elle s’ouvrit, et un jeune homme vêtu de noir et scrupuleusement rasé entra, qui d’une voix bien timbrée dit:
—Eh bien! qu’est-ce que cela?
La vue de ce nouvel arrivant parut stupéfier Vantrasson.
—Ah!... c’est vous, M. Mauméjan, balbutia-t-il d’un air penaud... Ce n’est rien, nous plaisantions...
M. Mauméjan sembla se contenter de l’explication, et du ton indifférent d’un homme qui exécute une commission sans savoir ce dont il s’agit: