—Me pardonnez-vous, Mademoiselle... balbutia-t-il. Je ne savais ce que je faisais... On m’avait égaré, en me flattant d’espérances insensées... Je vous en conjure, dites-moi que vous me pardonnez...
—Je vous pardonne, monsieur...
Cependant il ne s’éloigna pas encore:
—Je ne suis qu’un pauvre diable de lieutenant, poursuivit-il, sans autre fortune que mes épaulettes, sans autre avenir qu’un avancement incertain... J’ai été fou et insouciant, j’ai fait bien des sottises, mais il n’est rien dans mon passé que je ne puisse avouer sans rougir...
Il fixait Mlle Marguerite, comme s’il eût essayé de lire au plus profond de sa pensée, et c’est d’un ton solennel, contrastant avec sa légèreté habituelle, qu’il ajouta:
—Si le nom que je porte venait à être... compromis, ma carrière serait brisée, et je n’aurais plus qu’à donner ma démission... Je tenterai tout pour que l’honneur demeure intact aux yeux du monde, et que cependant justice soit rendue à qui on la doit... Promettez-moi de ne pas entraver mes desseins.
Mlle Marguerite tremblait comme la feuille... Maintenant elle comprenait son imprudence énorme... Ce malheureux avait tout deviné... Cependant elle se taisait; alors lui, d’un air égaré:
—Je vous en conjure, insista-t-il, voulez-vous que je me jette à vos genoux...
Ah!... c’était un terrible sacrifice, qu’il lui demandait là...
Mais pouvait-elle demeurer insensible devant cette douleur si poignante...