Elle se demandait la raison de tout ce tapage, quand Mme de Fondège, déjà parée d’une robe mirifique à trois étages et à pouf énorme, entra dans sa chambre.

—Je viens vous enlever, chère fille, déclara-t-elle... Le propriétaire se décide enfin à nous accorder des réparations et ses ouvriers viennent d’envahir notre appartement. Le «général» a déjà décampé, imitons-le... Faites-vous bien belle et sauvons-nous.

Sans mot dire, la jeune fille se hâta d’obéir, pendant que Mme de Fondège lui détaillait toutes les courses qu’elles feraient et aussi le plaisir qu’elles prendraient à essayer le merveilleux coupé acheté l’avant-veille par le «général.»

Du lieutenant Gustave, pas un mot!...

Habituée aux somptueux équipages de l’hôtel de Chalusse, Mlle Marguerite trouva le coupé médiocre... Il était surtout très-voyant et choisi exprès, eût-on dit, pour attirer les regards.

Mme de Fondège ne se fit pas faute de le montrer, ce matin-là...

Visiblement elle était en proie à une exaltation nerveuse qui devait lui enlever le libre exercice de ses facultés...

Elle s’agitait, se remuait, elle semblait ne pouvoir tenir en place... En moins de rien, elle visita dix magasins, demandant à tout voir, trouvant tout affreux, payant sans compter... On eût dit qu’elle voulait acheter Paris entier...

Vers dix heures, elle traîna Mlle Marguerite chez Van Klopen... Reçue en habituée, grâce à ses commandes importantes depuis deux jours, elle put enfin pénétrer dans le salon mystérieux où l’illustre couturier sert à ses clientes de prédilection l’absinthe ou le madère...

En sortant de cette respectable maison, et avant de remonter en voiture: