On lui avait indiqué un boulanger d'Asnières auquel il avait écrit en lui demandant un rendez-vous.

Tel était le bilan du père Tabaret, quand le lundi matin il se présenta au Palais de Justice afin de voir si on n'aurait pas reçu le dossier de la veuve Lerouge.

Il ne trouva pas ce dossier, mais dans la galerie il rencontra Gévrol et son homme.

Le chef de la sûreté triomphait, et triomphait sans pudeur. Dès qu'il aperçut Tabaret, il l'appela.

—Eh bien! illustre dénicheur, quoi de neuf? Avons-nous fait couper le cou à quelque scélérat depuis l'autre jour? Ah! vieux malin, je vois bien que c'est à ma place que vous en voulez!

Hélas! le bonhomme était cruellement changé. La conscience de son erreur le rendait humble et doux. Ces plaisanteries qui jadis l'exaspéraient ne le touchaient pas. Bien loin de se rebiffer, il baissa le nez d'un air si contrit que Gévrol en fut étonné.

—Raillez-moi, mon bon monsieur Gévrol, répondit-il, moquez-vous de moi impitoyablement, vous aurez raison, je l'ai bien mérité.

—Ah çà! reprit l'agent, nous avons donc fait quelque nouveau chef-d'œuvre, vieux passionné?

Le père Tabaret branla tristement la tête.

—J'ai livré un innocent, dit-il, et la justice ne veut plus me le rendre.