—Vous allez, lui commanda-t-il, me dresser la liste de vos créanciers... Tâchez de n'en oublier aucun, et que ce soit prêt le plus tôt possible.

Mais Maxence n'était plus le même.

A la suite des reproches si terribles et si mérités de sa sœur, une révolution salutaire s'était opérée en lui. Pendant cette nuit qui venait de s'écouler, il avait réfléchi à sa conduite, depuis quatre ans; et il en avait été consterné et épouvanté. Son impression avait été celle de l'ivrogne, qui, revenu à la raison, se remémore les actes ridicules ou dégradants qui lui ont été inspirés par l'alcool, et, confus et humilié, se jure de ne plus boire.

Ainsi Maxence s'était fait le serment, et en se jurant bien que ce ne serait pas un serment d'ivrogne, de changer de vie. Et son attitude et son regard annonçaient la fierté des grandes résolutions.

Au lieu de baisser la tête sous le regard irrité de M. Favoral, et de balbutier des excuses et de vagues promesses:

—Vous donner la liste que vous me demandez, est inutile, mon père, répondit-il. Je suis d'âge à porter la responsabilité de mes actes. Je saurai réparer mes folies. Ce que je dois, je le payerai. Aujourd'hui même je verrai mes créanciers et je prendrai des arrangements avec eux.

—Bien, Maxence! s'écria Mme Favoral ravie.

Mais il n'était pas de retour possible, avec le caissier du Comptoir de crédit mutuel.

—Voilà de belles paroles! ricana-t-il, seulement je doute que les tailleurs et les chemisiers consentent à s'en payer. C'est pourquoi j'exige cette liste...

—Cependant...