D'affaires, il n'en était plus question.
S'il allait, le matin, jusqu'au Comptoir de crédit mutuel, c'était uniquement, disait-il, pour l'acquit de sa conscience.
De loin en loin, M. Saint-Pavin et le plus jeune des MM. Jottras poussaient jusqu'à la rue Saint-Gilles.
Ils avaient suspendu, l'un les payements de sa maison de banque, l'autre la publication du Pilote financier.
Mais ils n'étaient pas inoccupés pour cela, et au plus fort de la détresse publique, ils trouvaient encore le moyen de spéculer, on ne savait sur quoi, et de réaliser des bénéfices. Ils raillaient d'ailleurs agréablement les imbéciles qui prenaient la défense au sérieux, et imitaient le plus plaisamment du monde, la tournure qu'avaient sous leur capote de soldat trois ou quatre de leurs amis qui s'étaient fait inscrire dans les bataillons de marche.
Ils se vantaient de n'endurer aucune privation, et de savoir toujours où prendre du beurre frais pour assaisonner les larges tranches de bœuf qu'ils avaient l'art de se procurer.
Mme Favoral les entendait rire aux éclats, et M. Saint-Pavin, le directeur du Pilote financier, s'écriait:
—Allons! allons! nous serions des sots de nous plaindre. C'est une liquidation générale sans risques et sans frais.
Même leur gaieté avait quelque chose de révoltant; car on était à la dernière, à la plus aiguë période du siége.
Les plus optimistes disaient au début: