A M. Desclavettes, comme au boulanger, l'instant d'avant:

—Nous ne possédons rien, monsieur, dit Maxence.

—Je le sais, s'écria le bonhomme, je le sais aussi bien que vous. Aussi, suis-je venu simplement vous demander un petit service qui ne vous coûtera rien. Lorsque vous reverrez Favoral, rappelez-moi à son souvenir, exposez-lui ma situation, tâchez de l'attendrir et d'obtenir qu'il me rende mon argent... Il est dur à la détente, c'est positif, mais enfin si vous savez vous y prendre, si cette chère Gilberte surtout veut s'en mêler...

—Monsieur!...

—Oh! je jure que je n'en dirai mot ni à Desormeaux ni à Chapelain, ni à personne au monde. Quoique remboursé, je crierai aussi fort que les autres, plus fort, même... Voyons, chers amis, un bon mouvement, laissez-vous toucher...

Il pleurait presque.

—Eh! monsieur, s'écria Maxence, où voulez-vous que mon père prenne cent vingt mille francs! Ne l'avez-vous pas vu s'enfuir sans même prendre l'argent que lui avait apporté M. de Thaller?

Le sourire reparut sur les lèvres blêmes de M. Desclavettes.

—Chut! fit-il, chut! Dites cela au monde, mon cher Maxence, dites-le très-haut, de toutes vos forces, et on vous croira, peut-être. Mais ne le dites pas à votre vieil ami, qui connaît trop les affaires pour ne pas savoir à quoi s'en tenir. Et, si quand vous reverrez votre père, il s'avisait de crier misère, et bien! répétez-lui ce que je vous affirme en ce moment. Quand on file après avoir emprunté douze millions à sa caisse, on serait plus bête que de raison si on n'en avait pas mis deux ou trois en sûreté. Or, Favoral n'est pas une bête...

Ainsi, l'ancien marchand de bronzes en arrivait au même soupçon que le boulanger tout à l'heure.