Prêt le premier, Maxence courut au salon, où ne tardèrent pas à le rejoindre sa mère et sa sœur, pâles, les traits bouffis par le sommeil et par les larmes.

Mme Favoral tremblait si fort qu'elle ne pouvait venir à bout d'agrafer sa robe.

—Entendez-vous? disait-elle d'une voix étranglée.

Du salon, séparé de la salle à manger par une porte à deux battants, ils ne perdaient pas une insulte.

—Eh bien! dit froidement Mlle Gilberte, ne devions-nous pas nous attendre à cette suprême avanie! Si Bertau est venu seul, hier soir, c'est que seul, parmi les gens que dépouille notre père, il était prévenu. Voici les autres, maintenant!...

Et se retournant vers son frère:

—Il faut les voir, ajouta-t-elle, leur parler.

Mais Maxence ne bougea pas. L'idée d'affronter les injures et les malédictions de ces créanciers furibonds lui soulevait le cœur.

—Aimes-tu mieux leur laisser enfoncer la porte? reprit Mlle Gilberte. Ce ne sera pas long.

Il n'hésita plus. Rassemblant tout son courage, il s'élança dans la salle à manger...