—En êtes-vous bien sûr? répondit-il. Voyons, vous connaissez bien mon vieil ami, le comte de Villegré?

Un nuage d'inquiétude descendit comme un crêpe sur le front déprimé de M. Costeclar.

—En effet, balbutia-t-il.

—M. de Villegré, avant la guerre, n'est-il pas allé vous rendre visite?...

—Si.

—Eh bien! c'est moi qui l'envoyais, et les volontés qu'il vous a signifiées étaient les miennes...

—A vous?

—A moi, Marius de Trégars.

Un tressaillement nerveux secoua le maigre corps de M. Costeclar; il eut comme un mouvement de recul, son oeil instinctivement chercha la porte.

—Vous voyez, poursuivit Marius, toujours avec la même douceur, que nous sommes, vous et moi, de vieilles connaissances. Car vous me remettez bien, maintenant, n'est-ce pas? Je suis le fils de ce pauvre marquis de Trégars, qui était venu à Paris, du fond de sa Bretagne, avec toute sa fortune, plus de deux millions.