Déjà Maxence avait gagné l'escalier, et à mesure qu'il enjambait les marches roides, une voix de femme fraîche et admirablement timbrée arrivait plus distincte à son oreille.
Elle chantait une de ces chansons comme tous les mois les cafés-concerts en lancent dans la circulation sur un air d'orgue de barbarie:
Espérer, verbe charmant,
Que toute la vie
Conjuguent, l'âme ravie,
L'homme, la femme et l'enfant.
Du bonheur quand l'échéance
Fuit notre fiévreuse main,
C'est la voix de l'espérance
Qui nous dit tout bas: Demain!...
C'est joli de courir,
Mais mieux vaut encor tenir!
—Elle y est! murmura Maxence, respirant plus librement.
Il arrivait au quatrième étage; il s'arrêta devant la porte qui faisait face à l'escalier, et d'un doigt léger frappa.
Aussitôt la voix qui venait d'entamer un second couplet s'interrompit et dit:
—Qui est là?
—Moi, Maxence!
—A cette heure! répondit la voix avec un rire ironique, ce n'est pas malheureux. Vous aviez oublié, sans doute, que nous devions aller au théâtre hier soir, et partir ce matin à sept heures pour Saint-Germain...
—Vous ne savez donc pas... commença Maxence, dès qu'il put placer un mot.