Mais instinctivement elle retira la main.

—Jamais! fit-elle.

Le commissaire eut un geste bienveillant.

—Je comprends votre scrupule, madame, dit-il, et cependant j'insisterai. Vous pouvez me croire, lorsque je vous dis que cette petite somme vous appartient bien légitimement. Vous n'avez pas de fortune personnelle...

L'effort que faisait la pauvre femme, pour ne pas éclater en sanglots, n'était que trop visible.

—Je ne possède rien au monde, monsieur, répondit-elle d'une voix entrecoupée... Mon mari seul s'occupait de nos affaires, il ne m'en disait rien et je n'aurais pas osé le questionner... Seul, il disposait de l'argent... Tous les dimanches, il me remettait ce qu'il jugeait nécessaire pour les dépenses de la semaine et je lui en rendais compte... Quand mes enfants ou moi avions besoin de quelque chose, je le lui disais, et il me donnait ce qu'il croyait utile... Nous sommes aujourd'hui samedi; de ce que j'ai reçu dimanche dernier, il me reste cinq francs... c'est toute notre fortune...

Positivement le commissaire était ému.

—Vous voyez donc bien, madame, fit-il, que vous ne devez pas hésiter... Il faut vivre...

Maxence s'avança.

—Ne suis-je pas là, monsieur? interrompit-il.